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Marc Mimram et Lafarge : Etude « Habiter Les Ponts »
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Marc Mimram, ingénieur-architecte :
« Notre travail est un peu particulier puisque c’est un travail qui lie à la fois l’ingénierie et l’architecture. Pour être clair, quand on fait un pont on développe une structure. Parfois cette structure peut permettre d’associer d’autres dimensions que simplement la dimension fonctionnelle d’aller d’un point à un autre, notamment la question sur l’espace public, l’espace que l’on parcoure, qu’on partage. Et cet espace public mis en partage, c’est l’espace de l’infrastructure. »
« Donc à partir de là on a développé avec Lafarge un travail sur la relation de ces infrastructures avec la ville, et comment faire pour qu’elles fassent partie intégrante de la ville et de la ville positive que l’on parcoure ensemble, que l’on vit ensemble. Donc l’étude porte sur la manière dont les infrastructures peuvent être reconquises.
Et on pense que le projet est avant tout un projet situé. On regarde comment il se fait, où il est, à partir de quoi il est fait, et on le développe à partir du lieu. C’est pour cela que l’on a développé une stratégie de structure qui pourrait être non seulement des structures de flux, comme on le dit entre une rive et l’autre, mais qui serait des structures habitées, partagées, et qui permettraient de faire du lien dans la ville. »
« C’est pour cela que l’on a choisi quatre exemples : un exemple à la Courneuve avec ‘le pont Paysage’, un exemple à Shanghai avec ‘le pont Toit’, le ‘pont Mégastructure d’accueil’ à New York et ‘le pont Habité’ à Moscou. »
« A la Courneuve, il s’agit d’un ‘pont paysage’. Un pont qui fait le lien entre le parc et la ville. La ville de la Courneuve est coupée de son parc. On connaît le parc de la Courneuve à cause de ‘La Fête de l’Huma’. Mais ce ne sont pas les gens de la Courneuve qui y vont parce qu’ils ne peuvent pas traverser, ils ont l’autoroute entre eux. Donc nous, on essaye de voir comment, à travers un pont, qui franchit l’infrastructure, qui est lui-même une infrastructure, elle devient une infrastructure de paysage qui permet au parc de rentrer dans la ‘Cité des 4 000’ de la Courneuve.
Et donc on développe une stratégie constructive à travers des grands voiles, en béton, grâce aux technologies qui sont développées actuellement par Lafarge sur des produits de béton mince à très haute performance, comme le Ductal®, qui permettrait de retrouver des grands voiles de béton. Forme que l’on avait abandonnée pour des raisons constructives, et qu’on retrouve maintenant grâce à ce nouveau matériau. Et à travers duquel se glisse le paysage. »
« Comme je vous le disais tout à l’heure, notre travail porte sur le sens de l’usage des matériaux. On est dans un moment de synthèse, on arrive à un moment particulier où le béton, si on arrive à faire la synthèse entre ces deux dimensions, celle du coulé en place et celle de la pré-fabrication, celle de la haute résistance et de la finesse, on arrivera à créer un nouveau vocabulaire. »
« Donc nous on essaie à ce moment précis où ces matériaux ont de très grandes performances mais on n’en connaît pas encore tout à fait leur usage, d’aller au-delà non seulement pour le matériau mais pour son usage urbain et pour son usage statique, structurel. »
« L’intérêt pour nous de travailler avec un industriel comme Lafarge est double ; il est technique et social.
Pourquoi ? Parce que d’un côté on travaille avec un industriel en direct et on peut lui poser des questions et en même temps répondre à ses questions.
Et en même temps je pense que c’est juste que Lafarge prenne en compte cette dimension sociale qui est la sienne à travers l’usage de son matériau, tant dans la transformation du monde, qui est de sa responsabilité et de la nôtre, que de ce qui en est fait à travers les infrastructures pour lesquelles il participe à 35% de sa fabrication. Donc c’est assez naturel, même si c’est rare, que les architectes et les industriels se retrouvent autour de ces projets. »
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