Les 10 membres du panel de parties prenantes ont été choisis pour accompagner le Groupe sur la définition et la réalisation des objectifs de développement durable.
Évaluation des actions du Groupe sur ces enjeux, suggestions d'amélioration : ils ont la parole et s'expriment en toute transparence !
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Le panel des parties prenantes du Groupe compte un nouveau membre depuis 2011. Sheila Khama apporte une nouvelle dimension en tant que représentante du continent africain et professionnelle confirmée de l'industrie extractive, ayant notamment été Présidente du Groupe diamantaire De Beers au Botswana. « Ce parcours m'a permis de prendre toute la mesure des enjeux d'une stratégie durable sur ce continent. Une expérience que je mets aujourd'hui au service du Centre Africain pour la Transformation Economique au Ghana et que je suis ravie d'apporter au panel de Lafarge. Car les valeurs du Groupe sont en accord avec mes principes et ma vision d'un développement économique responsable. » |
Dernière mise à jour le 03/05/2011
Aspect économique
Témoignage 1 : Cornis Van Der Lugt - PNUE*
Au coeur de la relance de l'économie, le secteur du ciment fait face à de vastes défis en matière de systèmes et d'efficacité énergétique dans un monde en pleine urbanisation.
À l'heure où les industriels cherchent à gagner en efficacité grâce à une meilleure récupération de chaleur, à la substitution des combustibles et aux ciments mélangés, on peut espérer que la production de pays comme les États-Unis, la Chine et l'Inde sauront s'inspirer des niveaux d'efficacité atteints au Japon. En outre, les analystes continuent de guetter les signes d'une plus grande attention - par delà l'intérêt porté au produit - prêtée aux systèmes de construction, aux bâtiments et aux infrastructures. Le ciment et le béton vont nous accompagner pendant des siècles : la véritable évolution attendue réside probablement dans une utilisation améliorée de ces matériaux, en combinaison avec d'autres, dans des concepts et systèmes alternatifs qui permettent un usage efficace des bâtiments.
Il faut alors garder à l'esprit que plus grand ne signifie pas nécessairement meilleur. Ceci s'applique dès en amont avec l'extraction des ressources, où nous attendons du secteur qu'il améliore sa capacité à gérer de manière responsable les services rendus par les écosystèmes. Dans cette transformation, j'attends du Groupe qu'il joue un rôle majeur.
PNUE* : Programme des Nations Unies pour l'Environnement
Aspect social
Témoignage 1 : Philippe Lévêque - Directeur général de CARE France
Dans le rapport de développement durable 2009, j'avais souligné qu'il était crucial pour Lafarge d'élaborer des outils et des stratégies efficaces pour exercer un impact positif et significatif sur les communautés locales des pays en développement dans lesquels le Groupe opère.
En 2010, nous tenons à rappeler le caractère fondamental de cet aspect. Le « Printemps arabe » démontre la nécessité pour les multinationales de tisser des liens solides avec les communautés, au-delà des relations traditionnelles que les multinationales entretiennent avec les pouvoirs publics. Il est impératif de définir une vision à l'échelle du Groupe concernant les communautés, mais également de la concrétiser au niveau local tout en tenant compte de ses identités distinctes et multiples.
Lafarge a réalisé son Ambition sur des questions complexes comme la sécurité au travail ou la lutte contre le VIH en Afrique. Nous souhaitons voir le même niveau d'engagement et de réussite au sein des unités du Groupe en matière de dialogue avec les parties prenantes et de contribution au développement socio-économique local. Cette avancée requiert des investissements significatifs, et il me semble que ceux consentis par le Groupe ne sont pas encore à la mesure des enjeux.
Témoignage 2 : Marion Hellmann - BWI (Building and Wood Workers' International)
Les syndicats accueillent favorablement les efforts déployés par Lafarge pour améliorer ses pratiques d'externalisation, car les entreprises font souvent appel aux sous-traitants et aux agences de travail temporaire pour contourner leurs obligations juridiques en tant qu'employeur.
La proportion de collaborateurs externalisés a atteint 30 % ! Lafarge devra expliquer les raisons de la baisse de l'emploi direct et de l'augmentation de la sous-traitance et décrire comment le Groupe garantit que les conditions de travail des sous-traitants sont conformes à ses propres normes. Lafarge devra également indiquer la répartition par genre de ses employés externalisés, car la sous-traitance pourrait également poser un problème d'égalité hommes-femmes, les femmes en étant les principales victimes.
Nous apprécions par ailleurs la contribution de Lafarge à diverses actions de Business Human Rights. Lafarge investit de plus en plus dans des pays peu respectueux des droits de l'Homme et des syndicats, et il serait donc bon d'expliquer ce que le Groupe entreprend pour promouvoir ces droits au niveau des sites et du Groupe. Le rapport Ruggie ne doit pas uniquement inspirer Lafarge au niveau décisionnel. Les syndicats attendent un engagement clair en faveur des droits de l'Homme et de la gestion de la chaîne logistique dans toutes les unités du Groupe, dans tous les pays.
Témoignage 3 : Eric Brassart - Comité d’entreprise européen
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La politique Santé est actuellement déployée au sein du Groupe, qui a défini une première feuille de route.
Nous attendons maintenant sa mise en oeuvre concrète, ainsi que des retours sur les actions qui seront menées. Il sera toutefois difficile de contrôler l'application effective de la feuille de route dans les pays où la sous-traitance représente près de 50 % des collaborateurs.
La politique à venir du Groupe en matière d'externalisation aura un impact crucial sur la réussite de sa politique Santé. |
Aspect environnemental
Témoignage 1 : Livia Tirone - architecte
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Si Lafarge se donnait pour objectif en 2050 de produire un béton 100 % recyclable en un produit d'une qualité suffisante pour la construction durable, nos besoins en matières premières seraient largement réduits. En campagne, les carrières se feraient rares et nos villes deviendraient alors des gisements de matière première.
Le béton est un matériau adapté et nécessaire à la construction durable et de nombreux facteurs jouent en faveur de son utilisation accrue. La densification de la population dans les villes est un élément déterminant car un environnement urbain dense requiert une performance élevée de l'environnement construit.
Le renforcement du rôle du béton dans la performance environnementale du bâti va au-delà de ses qualités intrinsèques, car le béton est un moyen idéal pour conserver des températures constantes et contribuer au confort intérieur.
La variété des contextes géographiques appelle des solutions de construction diverses, qui s'appuient sur la juste combinaison du béton avec d'autres matériaux de construction afin d'en dégager les qualités les plus appropriées. Lafarge doit à mon avis identifier ces applications du béton pour chaque contexte climatique et culturel et contribuer activement à généraliser des solutions de construction durable et une meilleure performance de l'environnement construit. |
Témoignage 2 : Karina Litvack - F&C Asset Management
Le rythme des progrès réalisés par Lafarge dans la réduction des émissions de CO2 lié au processus de production du béton continue d'être largement dépassé par celui de la croissance et de l'urbanisation des marchés émergents.
Au-delà de la crise financière et de la chute des émissions qui en découle, la composition même du calcaire pose toujours un problème structurel que seule une innovation radicale parviendra à résoudre. Le département de R&D de Lafarge doit fournir un substitut fiable au ciment, qui puisse exister et se développer dans un scénario qui prévoit une limitation du réchauffement climatique à deux degrés. Si cette démarche comporte de nombreuses incertitudes, le Groupe mérite toutefois d'être félicité pour son approche plus audacieuse de l'écologie industrielle.
Celle-ci, qui n'était qu'une fonction de back-office, est en passe de devenir une activité de courtage dynamique fondée sur un principe simple : les déchets des uns sont les matières premières des autres. Ayant demandé à Lafarge de constituer une équipe dédiée pour mener à bien cette activité dans le cadre d'un centre de profit distinct, une sorte de « Lafarge Materials Trading Inc. », nous accueillons favorablement la création d'une entité spécifique à fort potentiel de croissance et à même de générer des bénéfices en maîtrisant les coûts et en réduisant au minimum les déchets et les émissions de gaz à effet de serre.
Témoignage 3 : Frank Rose - Indépendant
Les progrès en matière de réduction des émissions et de poursuite des objectifs sur les polluants persistants démontrent l'engagement de Lafarge dans ce domaine. Ces efforts doivent se poursuivre avec des objectifs ambitieux pour 2020.
La mise en œuvre de systèmes de gestion environnementale et d'audits de routine doit également être prioritaire. Lafarge a reconnu cette nécessité en se fixant pour objectif de doter 100 % de ses sites d'un système de gestion environnementale, mais peu d'améliorations ont été apportées. De même, l'objectif selon lequel 100 % des sites doivent avoir fait l'objet d'un audit environnemental au cours des quatre dernières années affiche une faible progression, puisque la performance se situe au niveau de celle enregistrée en 2004 (90 %).
De toute évidence, il s'agit là d'objectifs ambitieux, particulièrement pour les acquisitions et les marchés émergents. Ces sites doivent justement être prioritaires et le Groupe doit définir des plans d'action et des délais pour atteindre ces objectifs. Lafarge reconnaît qu'une performance économique à long terme est indissociable du respect de l'environnement et qu'un solide travail de contrôle et de vérification fait partie intégrante de cette approche.
Témoignage 4 : Jean-Paul Jeanrenaud - WWF
Après dix ans de partenariat, nous restons convaincus que nous pouvons aider Lafarge à réduire son empreinte et à servir de catalyseur pour des améliorations au sein du secteur. WWF accueille favorablement l'instauration d'un nouvel indicateur clé de performance pour la réhabilitation des carrières, qui permette d'évaluer et d'améliorer la biodiversité. Nous aimerions que Lafarge prenne davantage en compte les zones protégées désignées par l'UICN lors des phases d'études de faisabilité et de planification pour les nouveaux sites. Le contrôle qualité des évaluations d'impact sur l'environnement et des systèmes de gestion environnementale doit constituer une priorité. Nous encourageons Lafarge à effectuer ses
achats de papier et de bois auprès de sources certifiées FSC.
Le travail effectué en matière d'évaluation de l'empreinte hydrique est encourageant : plusieurs projets pilotes sont bien établis et un guide de mise en oeuvre a été élaboré. Sa diffusion est essentielle pour réduire l'impact de Lafarge dans les zones présentant une pénurie d'eau. L'objectif 2010 de réduction des émissions de CO2 a été atteint et Lafarge doit désormais définir de nouveaux objectifs pour les émissions nettes et brutes. Pour tous ses nouveaux sites, Lafarge doit également s'engager en faveur des meilleures techniques de production disponibles et convenir de valeurs pour la consommation spécifique d'énergie (GJ/tonne de clinker). Il est essentiel que Lafarge démontre son leadership et apporte son soutien à la transition vers une économie à faible impact carbone en augmentant son utilisation d'énergies renouvelables et en stimulant ce marché.
Conformément aux engagements de l'Initiative ciment pour le développement durable du WBCSD, Lafarge a évalué les polluants persistants à la sortie de chacun de ses fours sur les quatre dernières années. Ces données sont essentielles pour définir des objectifs de réduction. Ensemble, nous allons maintenant élaborer des plans de réduction des émissions de polluants persistants dans les fours les plus émetteurs et développer des objectifs de réduction et des systèmes pour garantir sur tous les sites une bonne gestion de ces polluants. WWF est heureux de voir que Lafarge inscrit la construction durable au titre de ses priorités pour 2011, assume un rôle de leader dans le développement de nouveaux produits efficaces sur le plan énergétique et s'engage dans des projets de construction durable partout dans le monde.
Témoignage 5 : Alastair McIntosh - Membre du Centre d’écologie humaine
J'apprécie que l'empreinte hydrique constitue désormais un aspect important du partenariat de Lafarge avec WWF. L'extraction peut exercer une pression sur les ressources en eau de diverses manières. Les explosions peuvent interrompre les flux, les rejets d'eaux usées peuvent contaminer les aquifères. Le pompage peut faire baisser le niveau des nappes phréatiques et assécher les puits, les sources, les marécages et les rivières, ou augmenter la teneur en sel de l'eau près des côtes.
Les communautés locales n'ont pas nécessairement une bonne connaissance de leur hydrologie, car elle est en grande partie souterraine. Les industries extractives ont par conséquent le devoir de prendre toutes les précautions nécessaires. Elles doivent assurer une planification intelligente, utiliser les technologies aptes à atténuer leur impact et trouver de nouvelles formes de relations de bon voisinage.
À cet égard, je félicite le Groupe pour sa reconnaissance de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Celle-ci instaure un « consentement libre, préalable et éclairé » sur les ressources des populations autochtones. Mais ce consentement est une question qui est appelée à se poser pour toutes les communautés. Lafarge peut contribuer à ouvrir la voie vers ce type d'approche innovante, non seulement pour l'empreinte hydrique, mais aussi sur des questions difficiles comme l'acquisition de nouveaux sites.
