Témoignages
Les 10 membres du panel de parties prenantes ont été choisis pour accompagner le Groupe sur la définition et la réalisation des objectifs de développement durable.
Évaluation des actions du Groupe sur ces enjeux, suggestions d'amélioration : ils ont la parole et s'expriment en toute transparence !
Aspect économique
Témoignage 1 : Philippe Lévêque - Directeur général de CARE France
Depuis 7 ans, Care contrôle les avancées du Groupe et c'est la 7ème fois que je commente le rapport de développement durable de Lafarge. Au vu du chemin parcouru jusqu'à présent en matière de partenariats, je ne peux que souligner la reconnaissance croissante de 2 questions clés au cœur des attentes de Care et des défis sociétaux qui attendent Lafarge dans les pays émergents :
- les relations avec les communautés environnantes,
- l'accès à un logement décent pour les populations à faibles revenus (bas de la pyramide du marché).
La présence géographique actuelle de Lafarge implique de nouveaux investissements d'envergure (déjà réalisés en matière de sécurité) pour le développement socio-économique à long terme des communautés. Pour relever ces défis, le Groupe doit allouer des moyens humains et financiers afin que ses équipes opérationnelles puissent intégrer ces principes à leur feuille de route. Une 1ère phase de définition des principes et des intentions est désormais achevée, Lafarge entre dans une phase d'action méthodique et raisonnée. Le Groupe devra explorer les moyens d'ancrer dans ses pratiques opérationnelles la quantification et la démonstration des impacts.
Aspect social
Témoignage 1 : Marion Hellmann - BWI*
Plus de 30 000 personnes travaillent en sous-traitance pour Lafarge et ne sont pas couverts par le rapport de développement durable. Ce chiffre inclut les sous-traitants des sites Lafarge et les transporteurs externalisés par le Groupe. Le panel de parties prenantes est préoccupé par la situation de ces sous-traitants et apprécierait que Lafarge rende plus clairement compte de leur situation.
Le panel apprécierait également que le Groupe développe dès que possible une politique de bonnes pratiques en matière d'externalisation. Cette dernière permet souvent de réduire les coûts. En Inde, par exemple, le secteur du ciment a connu une croissance extraordinaire et a enregistré d'importants bénéfices. Mais ces dernières années, la main d'œuvre employée par les cimentiers, dont Lafarge, a connu une profonde mutation. Les emplois physiques du type ménage, maintenance, chargement et déchargement, etc., sont de plus en plus confiés à des sous-traitants. En règle générale, un sous-traitant du secteur indien du ciment touche un salaire moins élevé qu'un employé permanent. Certains ne bénéficient pas d'équipements de santé et de sécurité et nombre d'entre eux sont confrontés à une situation de précarité grandissante de l'emploi.
Nous saluons les efforts déployés par Lafarge pour répondre à cette question dans la section « Approvisionnement et sous-traitants » du nouveau rapport de développement durable.
*BWI : Building and Wood Workers International
Témoignage 2 : Alastair McIntosh - Membre du Centre d’écologie humaine
Comme stipulé en page 27 du rapport de développement durable, après que la proposition de dragage de sable au large de Lorient a été refusée en raison des prérogatives de la Marine française, j'ai rencontré les responsables de Lafarge pour discuter de « la communication et de l'adhésion autour des projets sensibles ».
Ce qui m'intéresse ici est de savoir comment les industries d'extraction peuvent optimiser leurs relations avec les communautés locales. Cet aspect est important car, au contraire d'autres secteurs qui peuvent disparaître du jour au lendemain, l'extraction moderne est généralement planifiée pour une cinquantaine d'années. Cela soulève des questions comme la recherche « d'un consentement éclairé préalable » de la part des communautés locales et la création de scénarios gagnant-gagnant.
Ces problèmes sont devenus cruciaux pour les activités minières partout dans le monde. J'y vois une question émergente pour les activités d'extraction également. Par conséquent, j'apprécierais que Lafarge s'appuie sur ses atouts pour devenir le leader du secteur dans l'élaboration de pratiques exemplaires en matière de relations avec les communautés.
Témoignage 3 : Eric Brassart - Comité d’entreprise européen
Lafarge a fait de la santé et de la sécurité sa priorité numéro 1. Même si les résultats sont encourageants, des améliorations sont encore nécessaires pour franchir la ligne qui sépare la compétence de l'excellence. Ce défi que le Groupe doit relever repose sur l'engagement de chacun de ses employés en matière de santé et de sécurité. À cet égard, répondre à la question des relations hiérarchiques est essentiel pour renforcer notre politique de santé et de sécurité.
Lafarge a réussi à résoudre de nombreuses questions bien plus complexes par le passé et je suis convaincu que le Groupe déploiera tous les moyens nécessaires pour surmonter les obstacles qui restent à franchir.
Aspect environnemental
Témoignage 1 : Frank Rose - Indépendant, ex-Directeur Développement durable ICI plc
Je continue d'apprécier nos discussions, ainsi que la réceptivité et la confiance dont Lafarge fait preuve pour écouter et répondre aux contributions du Panel.
En 2009, la performance environnementale globale a continué de progresser au regard des objectifs existants. En particulier, les objectifs liés à l'impact sur le réchauffement climatique et aux émissions de NOx et de SOx ont été atteints bien avant l'échéance fixée.
L'objectif de réduction des émissions de poussières dans les cimenteries sera atteint d'ici à 2012, conformément à l'engagement pris. Lafarge a montré sa capacité à progresser en matière de réduction des émissions et doit désormais respecter son engagement d'instaurer de nouveaux objectifs ambitieux au-delà de l'horizon 2010. Le Panel salue cet engagement et se réjouit de pouvoir contribuer à ce processus. Lafarge est bien parti pour tenir ses engagements concernant les polluants persistants et le Panel se félicite du renouvellement de son partenariat avec le WWF, et plus particulièrement dans ce domaine.
Le panel espère être tenu informé de la mise en œuvre de ce programme et, comme l'an dernier, souligne l'importance de l'engagement auprès des parties prenantes, en particulier des communautés voisines des cimenteries. Lafarge a ouvert la voie en matière de réduction des émissions, particulièrement dans le contexte économique actuel, et est fermement encouragé à maintenir ce cap.
Témoignage 2 : Jean-Paul Jeanrenaud - WWF
Dans l'ensemble, Lafarge progresse de manière très satisfaisante au cours de cette 3ème phase de partenariat et de travail avec le Panel de parties prenantes. Plusieurs réussites méritent d'être soulignées, comme les progrès réalisés en matière de polluants persistants : un cadre permet désormais de prendre en charge les plus gros émetteurs et Lafarge dispose d'une liste des fours à traiter en priorité. Lafarge continue d'avancer au regard de son objectif de mesure des polluants persistants sur tous ses fours.
Autre élément à souligner, Lafarge a atteint son objectif de réduction des émissions de CO2 par tonne de ciment de 20,7 % par rapport au niveau de 1990.
Le nouvel axe de travail sur l'empreinte hydrique prend également un très bon départ. Le plan d'action est ambitieux mais Lafarge a sans aucun doute la capacité de l'atteindre.
Nous sommes en outre très heureux de voir que, dans plusieurs régions, notre partenariat prend forme au niveau local.
À l'avenir, nous aimerions que Lafarge continue de prendre des engagements et de les porter au premier plan des préoccupations du secteur, afin de donner naissance à une nouvelle ère de leadership pour le Groupe. Définir le prochain objectif de réduction des émissions de CO2 et mettre en œuvre de solides plans de réduction dans les pays émergents, maîtriser les émissions de polluants persistants et gérer l'empreinte hydrique permettront de renforcer ce leadership et d'ouvrir la voie de la durabilité au secteur des matériaux de construction.
Témoignage 3 : Livia Tirone - architecte
Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'incapacité du cadre bâti à remplir la fonction escomptée et à atteindre les niveaux de performance énergétique et environnementale requis est principalement due au fait que les acteurs concernés (promoteur, équipe de conception, fournisseurs de solutions, entrepreneurs et même utilisateur final) ne disposent pas du savoir-faire nécessaire.
Dans les villes, le béton est un élément important de la construction durable qui doit faire partie intégrante des solutions globales adaptées à chaque contexte culturel, géophysique et climatique. Lafarge peut contribuer à l'élaboration de ces solutions en quantifiant leur performance énergétique et environnementale et en communiquant ces informations essentielles, y compris les bénéfices intrinsèques, aux acteurs concernés, et plus particulièrement aux utilisateurs finaux.
L'un des défis permanents relevés par Lafarge est le développement de nouveaux matériaux qui permettent de répondre aux nombreux besoins propres aux environnements urbains. J'attends des solutions de construction durable solides :
- des toits verts performants, qui contribueront fortement à l'amélioration de la biodiversité des villes,
- des surfaces en béton drainant, qui permettront de réduire les ruissellements et amélioreront entre autres l'absorption des eaux de pluie.
Les acteurs professionnels comme non professionnels accueillent favorablement ces améliorations ; l'image du béton en sortira grandie.
Témoignage 4 : Cornis Van Der Lugt - PNUE*
L'année dernière, le rapport du TEEB (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) signalait que la perte annuelle de capital naturel était plus élevée en valeur monétaire que celles subies suite à la crise économique mondiale.
Tous les secteurs doivent prêter une plus grande attention à la quantification et à l'évaluation de leur impact sur la biodiversité et de leur dépendance vis-à-vis des services rendus par les écosystèmes. Ce qui inclut l'utilisation de ressources naturelles liée à l'extraction et à d'autres étapes de la chaîne de fabrication des matériaux de construction.
Je salue l'engagement de Lafarge d'envisager la biodiversité de manière stratégique et d'entreprendre un travail d'analyse de son utilisation des services rendus par les écosystèmes.
La nouvelle collaboration sur les méthodologies de gestion de l'empreinte hydrique sur les sites localisés en zones arides est également une excellente initiative. Prochaine étape : pourquoi pas une stratégie intégrée concernant les services des écosystèmes ? Une telle démarche marquerait une nouvelle approche de la gestion environnementale, de l'utilisation efficace des ressources et de l'écologie industrielle. Elle pourrait en outre s'appuyer sur une série d'indicateurs pertinents issus des Consignes GRI liées à la biodiversité (EN11-EN15), à l'approvisionnement des écosystèmes et à d'autres services essentiels du point de vue de la durabilité à court et long termes.
PNUE* : Programme des Nations Unies pour l'Environnement
Témoignage 5 : Karina Litvack - F&C Asset Management
La production de ciment génère jusqu'à 900 kg de dioxyde de carbone par tonne de ciment produit. Que les investissements de Lafarge aient permis de réduire ce ratio de 1/3 est très impressionnant. La poursuite du déploiement des meilleures technologies disponibles à l'échelle du Groupe permettra de gagner encore en efficacité.
Mais face à l'impératif de rester dans la limite des 2°C de réchauffement climatique et à l'opportunité de capitaliser sur la croissante galopante des marchés à urbanisation rapide d'Asie, ces améliorations progressives suffiront-elles à transformer la production du ciment et à permettre à Lafarge de concilier croissance et stabilité climatique ?
La réponse réside dans 2 domaines pour lesquels Lafarge doit garantir des avancées technologiques d'envergure :
- En développant des matériaux de construction de pointe qui autorisent les habitants d'un immeuble à réaliser des améliorations considérables en matière d'efficacité énergétique. Cela attirera l'attention sur les 85 % d'émissions des bâtiments qui se produisent après la phase de construction, et permettra de réduire les émissions du cadre bâti, deuxième source mondiale d'émissions de gaz à effet de serre.
- En s'orientant vers les matériaux alternatifs - éventuellement sans ciment - qui ne sont pas limités par l'alchimie du calcaire. Si Lafarge n'invente pas d'alternative au ciment plus performante et plus propre, quelqu'un d'autre le fera, et les produits traditionnels du Groupe, et par là même la survie de l'activité, seront mis en danger.
