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Economie

Maroc - Tétouan : un redéploiement exemplaire

Au Maroc, Lafarge accompagne la fermeture de la cimenterie de Tétouan d'un plan de redéploiement du personnel où l'homme se situe au cœur des préoccupations de l'entreprise.

En octobre 2003, l'usine de Tétouan ferme ses portes car elle ne répond plus aux besoins du marché ; ses installations sont obsolètes et non conformes aux normes environnementales. Elle sera remplacée par une nouvelle usine, plus moderne et plus automatisée, qui emploiera 99 personnes (dont 50% d'encadrement) contre 195 pour l'usine actuelle. Après une formation, seuls 48 collaborateurs rejoindront la nouvelle unité. «Il fallait dès lors trouver une solution pour 121 permanents ou temporaires. Nous voulions les respecter et agir selon les principes d'action du groupe. Autrement dit, n'abandonner personne», reprend Larbi Koullou, coordinateur du plan de redéploiement. Conséquence : dès 2001, Lafarge Maroc a constitué une équipe de soutien de quatre permanents, dont le directeur de l'usine. Sa mission ? Faciliter les réinsertions professionnelles une fois la fermeture de l'usine officielle.
Le plan de Lafarge Maroc propose trois solutions : la réinsertion dans une entreprise de la région, une aide pour lancer une micro-entreprise ou la retraite anticipée à 55 ans.
Au départ, le contexte social est pesant. «Il fallait gérer les reproches, le sentiment d'injustice et la peur de l'inconnu», se souvient Mohamed Tassafout, chef de projet. «Dans cette région en proie à un fort taux de chômage, trouver un nouvel emploi, de surcroît avec les mêmes avantages que ceux qui sont offerts par Lafarge Maroc, allait s'avérer très difficile. C'est ce qui les a incités à s'orienter massivement vers la création de projets», renchérit Omar Achaach, ancien directeur administratif de l'usine et responsable des micro-projets. Pour cela, l'équipe a procédé par étapes et rencontré chaque personne au cours de plusieurs entretiens. «Nous avons réalisé une étude socio-économique pour identifier les niches de création d'activité, explique Omar Achaach. Ensuite, nous avons utilisé notre connaissance de la région, des ouvriers, de leur contexte familial et du montant de leurs indemnités.»
En parallèle, de gros efforts de formation ont été entrepris, notamment des cours d'alphabétisation en français, dispensés depuis 1998, et des formations sur la création de micro-entreprises et la maîtrise d'un nouveau métier. Ce plan de redéploiement exemplaire est aussi une première au Maroc. «Habituellement, les entreprises se contentent d'indemniser leurs salariés sans les reclasser. La force de Lafarge est d'aider ses collaborateurs à monter des entreprises familiales et donc à créer des emplois», conclut Larbi Koullou.


Témoignages de micro-entrepreneurs

- Mohamed Ahchouch, chargé de l'entretien depuis 22 ans
«J'ai ouvert un salon de coiffure pour hommes car mon fils aîné ne trouvait pas de travail dans ce secteur. Comme Lafarge propose de former un membre de la famille à un métier, mon second fils a aussi appris la coiffure. Aujourd'hui, avec une quinzaine de clients par jour, les affaires marchent bien.»

- Redouan Zouak et Khalid el-Battuoui, électriciens depuis 10 ans
«Nous nous sommes mis à notre compte en juin 2002. Notre principal client est Lafarge Maroc : nous travaillons sur le chantier de la nouvelle usine de Tétouan. C'est une bonne publicité car d'autres entreprises nous contactent. En quatre mois, notre chiffre d'affaires a atteint 9 000 € et nous venons d'embaucher une personne !»

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